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Le tir sportif et les armes de poing subcompactes

Chronique de stand

Quand on pense au tir sportif avec une arme de poing, on songera à une pléthore de modèles, allant d’une arme typée compétition ISSF, à un revolver Manurhin MR 73, un Canik Rival ou TTI, en passant par un CZ Shadow, ou un Ruger Mk4 : nos stands connaissent leurs classiques.

Moins fréquemment, nous songeons à une arme bien plus compacte. Un bon nombre de tireurs associera même inconsciemment petit canon, avec faible portée, et faible précision.

La réalité est plus complexe, et nuancée.

Étudier le rôle et l’intérêt d’un pistolet ou d’un revolver subcompact (ou plus petit encore) dans une pratique sportive implique d’en voir un bref historique, et de délimiter si possible les contours de la catégorie des subcompacts, que nous entendrons, pour une bonne compréhension, comme étant les armes de poing plus courtes que les pistolets dits compacts.

Comme nous le verrons infra, cela concernera donc les catégories des subcompacts stricto sensu, et des micro-compacts.

C’est à l’issue de ces propos que seront développées les limitations du genre, et ses apports potentiels.

Une comparaison de tirs donnera une petite idée de la difficulté d’apprivoiser ce genre d’arme.

1. Les armes de poing subcompactes, un genre déjà ancien

L’idée de réduire la taille et la masse d’une arme de poing pour la rendre la plus dissimulable possible, ne date en effet pas d’hier.

Dès le 18e siècle, les pistolets dits de poche faisaient leur apparition, et servaient aussi bien au voyageur qu’à l’officier, qu’il portait comme arme de dernier recours. Le pistolet Queen Anne en est un exemple.

Le genre a poursuivi son chemin et a évidemment suivi les évolutions technologiques. Au 19e siècle, les revolvers de poche sont apparus, comme le Remington Pocket. À la fin de ce siècle, avec l’arrivée des systèmes semi-automatiques, les pistolets suivirent la tendance.

De calibres modestes et de faible taille, ce type d’armes a su séduire une clientèle éclectique, civile souvent, en dépit de ses limitations techniques et opérationnelles, tout en restant dans une dénomination commune d’arme de poche.

C’est uniquement dans les années 1980 et 1990 que la dénomination subcompact apparut, comme il apparut qu’une sous-classification des armes de poing existait, selon son format et sa taille, et son poids notamment.

2. Les différentes classes de pistolets selon leur format

Je choisis de centrer mon propos sur les pistolets, car c’est d’une part mon type d’arme de poing favori, et c’est celui que nous rencontrons le plus sur les pas de tirs 25 m de nos stands respectifs.

Il me faut toutefois rendre à César ce qui lui appartient : les revolvers connaissent eux aussi des déclinaisons courtes, avec des carcasses menues, en tout cas, pour les versions en .38 SP : les snubnose. J’en ai vu qui ne manquent pas de charme !

Si les auteurs, les experts et les techniciens n’ont pas nécessairement une vision académique et numériquement figée des dimensions, je dégage néanmoins six grandes familles de pistolets :

  • Le micro-compact
  • Le subcompact
  • L’hybride
  • Le compact
  • Le full size, ou duty gun aux USA : taille standard
  • Le long slide

La classification d’un pistolet dans une de ces catégories se fait selon plusieurs critères, mais un a une importance particulière : la longueur du canon. Je mettrai le second sur la longueur de la poignée.

L’objet de cette chronique est d’étudier le comportement en tir d’une arme plus petite qu’un pistolet compact, et d’en observer intérêt et limitations.

Nous pouvons établir un tableau des critères, qui m’est personnel, et que je vous livre comme suit :

Classification des pistolets selon leur taille

Dénomination Modèles Taille de canon Caractéristiques et usages originels
Micro-compact Ruger LCP ≤ 3 pouces Arme très légère et courte, ergonomie rudimentaire, préhension de poignée partielle.
Dissimulation pour défense personnelle.
Recul et relevés notables selon calibres.
Subcompact G43, 42, 26, Springfield Hellcat… Entre 3 et 3,5 pouces Arme courte, légère, ergonomie souvent rudimentaire, confort minimal.
Dissimulation pour défense personnelle.
Recul et relevés notables selon calibre.
Hybride/slim G43X, Sig P365X… Entre 3 et 3,5 pouces Arme affinée, courte mais poignée allongée, ergonomie en forte hausse, meilleur contrôle de l’arme en tir.
Dissimulation pour défense personnelle, mais visibilité de l’empreinte de l’arme accrue en raison de la poignée.
Recul et relevés notables, en partie compensables avec une préhension améliorée.
Compact Ex : G19, Sig SP 2022, CZ S2 compact… Entre 3,5 et 4,25 pouces Arme de compromis entre port dissimulé possible mais moins aisé, port ouvert et usage administratif.
Ergonomie moyenne à bonne selon marques et modèles, et la morphologie du tireur.
Bon contrôle en tir.
Recul et relevés s’approchant d’une version standard.
On notera l’apparition de systèmes hybrides également dans cette classe, avec des poignées full size et des canons compacts.
Format récurrent sur les pas de tir sportif.
Full size G17, CZ 75B, etc. Entre 4,25 et 5 pouces Arme de port ouvert, souvent en dotations institutionnelles. La poignée s’adapte à presque toutes les morphologies, les contrôles ergonomiques sont optimisés.
Ligne de mire permettant une visée optimale.
Format récurrent sur les pas de tir sportif.
Long slide G34, G17L, CZ Target… Entre 5 et 6 pouces, voire plus ! Arme destinée à la précision en cible sportive, grâce à sa ligne de mire allongée mais aussi grâce au surplus de vitesse du projectile.
Relevés de l’arme atténués comparativement à une version plus courte du modèle concerné, en raison de la masse supplémentaire.
Des unités de police ont utilisé ou utilisent ce type de pistolet, pour le petit surcroît de puissance délivrée.
Format observable sur les pas de tir sportif, mais moins fréquemment que les compacts et FS.

Il convient immédiatement de préciser que ces données sont une appréciation personnelle ; certains avanceront des chiffrages différents, ou ajouteront une catégorie (Glock distingue les Competition des Longslide).

Également, il faut garder à l’esprit que la catégorisation d’un pistolet dépend aussi en partie de sa masse et de son épaisseur.

Un cas particulier me vient en tête : le Glock 48, de la famille Slimline. L’arme est plus fine qu’un G19, moins lourde, mais son canon est… plus grand, de quelques centièmes de pouces, pour des raisons de conformité à une législation canadienne ! Par conséquent, faut-il le classer en compact, ou subcompact de par sa finesse ? Personnellement, je le mets en classe compacte, son encombrement général étant similaire au 19, et sa poignée ayant une longueur similaire.

3. Caractéristiques récurrentes des pistolets subcompacts

S’il existe des exceptions, liées à l’apparition des crossover (poignée longue ou compacte, canon court, et inversement comme le Glock 49 ou le Walther PDP compact 5 pouces) ou liée à la préparation spécifique de l’arme (compensateur), ce qui caractérise les pistolets de faible taille, ce sont essentiellement une visée précise plus délicate, un relevé et un recul plus prononcés qu’un pistolet de même calibre mais de taille et masses supérieures, et une ergonomie dégradée.

Une visée ouverte plus exigeante

Les pistolets subcompacts ont une ligne de mire plus courte que les armes de longueur supérieure.

Si l’on considère par exemple le catalogue Glock, qui comporte presque toutes les catégories hormis le micro-compact (le 42 et le 43 s’en approchent, si ce n’est la longueur de canon), les chiffres des lignes de mire sont les suivants :

  • 164 mm pour le G17 gen 5 avec ses éléments acier / 708 g avec chargeur vide
  • 152 mm pour le G19 gen 5 avec ses éléments acier / 670 g avec chargeur vide.
  • 136 mm pour le G26 gen 5 avec ses éléments acier / 615 g avec chargeur vide.
  • 132 mm pour le G43X avec ses éléments acier (le G43X n’appartient pas à une génération déterminée, c’est un spin off), 530 g avec chargeur vide.

Entre le modèle le plus court et le modèle le plus long de la gamme en 9×19 (les modèles 34 et 17L ont été arrêtés en production), une différence de 3,2 cm existe. C’est conséquent.

Les conséquences sont multiples :

  • La lecture de visée est plus difficile avec un modèle court, et
  • À erreur angulaire égale entre un G17 et un G43X, le modèle le plus court prendra plus d’angle par rapport au point initialement visé : c’est le principe de l’amplification de l’erreur angulaire.

La conséquence en cible d’une erreur angulaire est donc d’autant plus importante avec un modèle court, qu’avec un modèle plus long, à erreur équivalente.

Et plus la distance arme-cible est importante, plus cette prise d’angle se verra en cible, se traduisant par des impacts de plus en plus éloignés du centre. Trigonométrie… C’est ainsi que des tireurs qui passent de 10 m gongs à 25 m sur C50 se trouvent perplexes : plus d’une fois, je me suis entendu dire que « je suis d’habitude plutôt centré, ça tombe », alors qu’à 25 m, ils sont même parfois hors cible.

Quid du subcompact équipé d’une optique ? Dans ce cas-là, il n’y a plus d’alignement œil-hausse-guidon-cible à opérer, mais uniquement œil-point rouge ou vert-cible. Il n’y a plus de risque de mal centrer le guidon. Si cela rend alors un subcompact bien plus abordable, l’optique n’améliore cependant pas les autres points délicats qui caractérisent le genre, sans oublier le fait d’aller devoir chercher le réticule. L’optique facilite, mais ne fait pas de miracles pour le tireur qui devra composer avec le reste.

Relevés et recul plus prononcés

À munition égale, une arme courte relève et recule plus qu’un pistolet de taille standard. Ne parlons même pas des longslides.

Substantiellement, le relevé plus prononcé du subcompact tient à une répartition de la masse plus reculée sur l’arme, vers la main, mais également par une détente des gaz plus brutale, la faute à un canon court.

La question du recul, qui est plus brutal lui aussi, mérite quelques développements, par jeu intellectuel, avec un chiffrage qui vaudra ce qu’il vaudra : théorique, ne se substituant pas aux ressentis de chaque tireur, mais au moins, on parvient à une évaluation chiffrée. Abstraite, mais chiffrée.

La notion à laquelle nous devons faire appel, est la quantité de mouvement, c’est-à-dire la caractérisation de l’état mécanique d’un corps en mouvement, sa quantification, qui diffère de l’énergie cinétique.

L’énergie cinétique est l’énergie d’un corps en mouvement, exprimée en joules.

La quantité de mouvement d’un objet exprime un vecteur dont la valeur exprimée en newton-s, ou en kg-m/s.

La particularité de la quantité de mouvement est qu’elle se conserve, jusqu’à ce qu’une force extérieure stoppe l’objet (vent, surface matérielle, objet quelconque, etc.).

À contrario, la quantité de mouvement du projectile qui quitte l’arme « se répercute » sur l’arme elle-même, qui reçoit une quantité de mouvement opposée.

Q (quantité de mouvement) = m (masse, en kg) × v (vitesse en m/s).

En négligeant par convention ici la masse et la vitesse des gaz libérés par le coup de feu, afin de simplifier le propos, et en nous concentrant sur la masse du projectile, prenons donc l’exemple du G17 et du G43X.

En admettant que le projectile soit une FMJ 124 grs, soit un arrondi à 8 grammes, donc 0,008 kg, et que sa vitesse de sortie de canon est de 350 m/s sur un G17, nous avons donc :

Q projectile = 0,008 × 350 = 2,8 N-s.

Examinons maintenant la quantité de mouvement de la même munition qui sort du canon d’un G43X, plus court, en retenant ici arbitrairement une vitesse de 330 m/s :

Q = 0,008 × 330 = 2,64 N-s, ou 2,64 kg-m/s, au choix.

À vitesses différentes, quantité de mouvement différente : jusqu’ici, le bon sens l’emporte.

Rappel : la quantité de mouvement se conserve.

Cela signifie que la quantité de mouvement du projectile, dont le vecteur est dans l’axe du canon, est « transférée » à l’arme dans le sens opposé : vers le tireur.

Comment déterminer la quantité de mouvement de l’arme ?

Rappelons la loi de conservation de la quantité de mouvement : Q arme = Q projectile.

Donc Q arme = masse arme × vitesse arme = masse projectile × vitesse projectile.

Nous connaissons la masse de l’arme, en retenant fictivement une arme qui ne comporte plus de cartouche dans le chargeur lors de la mesure. Il reste donc à estimer sa vitesse de recul, une donnée qui sera nettement plus parlante.

Donc v (arme G17) en m/s = 2,8 ÷ masse de l’arme, soit 0,708 kg ≈ 3,95 m/s.

Et la vitesse de recul du G43X ?

V = 2,64 ÷ 0,530 kg ≈ 4,98 m/s.

Même munition, vitesses de recul différentes.

Ces chiffres ne tiennent pas compte, je le répète, de la masse des gaz, ni de la masse de projectiles qui seraient encore dans le chargeur, ou de l’étui qui ne serait pas encore éjecté : ils donnent toutefois une vision chiffrée, très théorique, de l’accroissement du recul sur une arme courte à munition identique, et malgré la perte de vitesse de projectile sur l’arme courte, la faute à un canon ne permettant pas une pleine expansion des gaz.

Il n’y a donc rien de surprenant, aucun scoop n’est révélé : une arme plus lourde recule moins vite, à projectile équivalent…

Le G43X a une vitesse de recul ≈ 26 % plus élevée que le G17, à munition identique déterminée.

Cette mesure du recul est toute théorique, je le répète : placée sur un support mobile, il y aurait résistance mécanique, et donc, une vitesse de recul plus faible.

Pour le jeu et par curiosité, un calcul de l’énergie cinétique du recul d’une arme donnera un autre éclairage.

Ec = 0,5 × m × v².

Ec G43X = 0,5 × 0,530 × 4,98² ≈ 6,57 joules.

Ceci ne doit cependant surtout pas éclipser les réalités de terrain : les valeurs de vitesse de recul indiquées sont des valeurs de recul libre, ce qui n’arrive jamais : une arme est soit dans une main, soit dans un étau de tir, ou accidentellement, au sol lorsqu’un coup part.

Ces valeurs ne tiennent pas non plus compte des relèvements, de leur amplitude, de la structure de l’arme, de sa poignée, de la bonne préhension par le tireur, du bon appairage tireur/arme ou non.

En résumé : ces valeurs ne sont pas particulièrement parlantes, mais satisfont une curiosité. C’est la combinaison recul-relèvement-main, avec un ressenti de recul, qui comptera : le ressenti sur le pas de tir par le tireur prime sur les chiffres abstraits.

L’importance du couple recul/relevés explique donc en partie le rejet par des tireurs, et des armes à carcasse en polymère, et des armes subcompactes : à munition équivalente, le recul est plus fort sur une arme légère, et le confort en tir se dégrade avec les munitions à percussion centrale, il faut le reconnaître. Et ce n’est qu’un des points négatifs qui sera soulevé, car outre ce recul, l’arme légère ne gomme pas les bougés, ou disons, moins, la faute à une inertie réduite.

Nous pourrons également soulever la rigidité du cadre, moindre, susceptible de dégrader légèrement la précision en cible, et les relevés plus prononcés, qui nuisent au tir rapide, du moins quand le tireur essaie d’être à peu près précis.

Avantages et inconvénients : les armes en polymère ne font pas exception à une règle fondamentale : un outil est une somme de compromis, de points forts, et de points faibles.

Cette règle s’applique aussi bien aux armes haut de gamme, notamment celles qui sont spécialisées dans une discipline déterminée. C’est une autre histoire.

Une ergonomie moins avancée

Les subcompacts étant plus courts, parfois plus fins, les contrôles qui tomberont habituellement bien sous les doigts sur un full size, ne seront plus forcément aussi intuitifs sur le petit frère.

Plus encore, la longueur de poignée étant réduite, le contrôle en tir est moins aisé, voire même parfois, très dégradé. Le placement palmaire et des doigts peut être un vrai casse-tête également.

Essayez de faire du tir rapide – et précis ! – avec un G26 sans rallonge de chargeur, avec un auriculaire qui se promène dans le vide : la tâche sera moins aisée que si votre grip est complet.

4. Mais alors, à quoi bon un subcompact sur un pas de tir sportif ?

La question arrive naturellement. Après avoir expliqué qu’un subcompact recule plus fort que votre full size, voire votre longslide, qu’il est moins maîtrisable, et qu’il est difficile en visée, une partie des tireurs se détournera. Cela est compréhensible.

J’ai cependant envie de répondre : cela dépend de chacun et de son état d’esprit, et de sa résilience, et de sa patience, entre autres.

Les subcompacts, notamment en visée ouverte, sont des armes punitives. L’intransigeance peut être évoquée.

Toutefois, si un tireur s’estime très fort sur son arme principale, et qu’il pense ne plus rien avoir à apprendre, un passage sur subcompact peut lui amener le challenge qu’il pourrait éventuellement rechercher. Mais soyons honnêtes : les tireurs qui n’ont plus rien à apprendre, on n’en rencontre pas souvent.

Le subcompact s’adressera aussi au tireur qui a envie de varier les plaisirs, ou de se mettre en difficulté, ou de faire le point sur sa technique, puisque ce type de pistolet ne gommera non seulement aucun défaut de préhension ou de visée, mais au contraire, les amplifiera.

Il intéressera également le tireur amateur de curiosités armurières, qui sont parfois des tours de force mécaniques. Testez un Glock 33, avec un canon de 3,43 pouces, chambré en .357 Sig : voir une si petite arme tirer une cartouche aussi vitaminée est impressionnant. L’ingénierie est sans faille.

Pour revenir à une arme que je possède, plus modeste en calibre, le G43X dont la mécanique est stock, chaque séance ou presque avec lui offre une cruelle leçon sur les progrès à accomplir : le tireur moyen a donc le sentiment de retourner quelques temps en arrière.

Il se dit souvent que les Glock sont durs en mode sport : c’est plutôt vrai, cela dépend pour qui, de sa morphologie, de son parcours personnel, de ses disciplines, et de l’envie ou non de tenter de tirer quelque chose d’un produit construit sur un cahier des charges exceptionnellement épuré. Le 43X est définitivement plus coriace en cible qu’un G17, ou un G19. C’est mon propre constat.

La règle vaudra pour les autres marques : un P365 n’épargne évidemment pas davantage.

Nous parlions des relevés avec un subcompact en 9×19 : mes premiers tirs avec mon arme m’avaient surpris, et même rebuté initialement. Ça tape très vite et fort, ça relève passablement plus qu’un 17, et la reprise en visée demande de l’habitude. Et ne parlons pas de la préhension, qui doit être particulièrement ferme. Je vois encore mon armurier m’indiquer que sa compagne a tôt fait de remettre en vente son propre exemplaire, après avoir tant insisté pour s’offrir un petit modèle qui convenait à sa main…

Un tireur avec une vue dégradée, ou allergique aux visées ouvertes, peut choisir un subcompact avec optique : il devra malgré cela gérer recul et relevés, et assurer le contrôle effectif de l’arme. Le challenge est certes plus réduit que ce que propose une offre en visée ouverte, mais il demeure important, et stimulant : les optiques aident, mais ne font pas non plus de miracles.

L’optique sera d’autant plus appréciée en mode steel challenge, si vous aimez le genre. Dans ce type de jeu, l’emploi d’un subcompact amène une dose de fun indéniable.

5. Et en cible, ça donne quoi ?

Quoi de mieux que de faire tester par un tireur moyen, un G17 gen 5 avec détente stock, en visée ouverte, et un 43X avec détente stock, en visée ouverte lui aussi ? La comparaison n’est évidemment pas rigoureuse, puisque la maîtrise de chacune de ces deux armes n’est pas identique, et que l’objectif est de proposer sur un même temps, deux cartons qui reflèteront deux qualités de résultats.

J’ai donc procédé selon les paramètres suivants :

  • Cible C50 25 m
  • Munitions 124 grs FMJ
  • 15 coups avec le G43X sur une cible (recyclée), puis 15 coups avec le 17, sur une autre C50 elle aussi recyclée.

Nous avons donc un même tireur, une même cartouche, et une plateforme similaire, avec un feeling de détente similaire. L’expérience n’est pas valide scientifiquement : c’est une observation en stand sur un coin de tablette, car il faudrait plusieurs tireurs, nettement plus de cartouches tirées, une absence complète de faute humaine.

Mais cette petite expérimentation amusante donne cependant un début d’idée sur la difficulté qu’oppose ce type d’arme. Moi, il m’en fait baver. Parfois raisonnablement peu, avec du 90 % dans le visuel sur 50 coups, parfois moins, c’est selon. Un tireur assidu avec le genre saura mieux exploiter une telle arme.

Les cartons ne m’ont donc pas surpris :

  • Cible G17 : 1 coup dans le 6 à 3h, 14 coups dans le visuel, surface du nuage environ 185 cm².
  • Cible G43X : 5 coups hors visuel, 10 coups dedans, surface du nuage environ 300 cm².

Passer du 43X au 17, c’est un peu passer d’une Clio 1 à une Lexus. Étonnant, de comparer un 17 à une Lexus. Et pourtant. Le subcompact a une poignée fine et un bon grip, du moins une fois amélioré (la firme a choisi un grip moins abrasif que celui de la gen 5, pour ne pas irriter la peau ni déchirer les vêtements en cas de port IWB, mais il est léger), ce qui n’est pas un luxe au regard des sensations procurées : ce pistolet est très remuant.

 

Comparativement, le 17 donne le sentiment d’un comportement sénatorial. Pour qui aime l’ascétisme et le minimalisme, c’est un comble…

La prise de visée avec le 43X est incontestablement plus difficile également, en dépit de la hausse à cran élargi : la faible ligne de mire fait payer la moindre faute au lâcher et à la préhension, elle oppose une difficulté qui met à mal mes yeux de presque cinquantenaire selon la lumière du moment. J’accepte.

Il convient par ailleurs d’être objectif : j’ai bien plus de pratique avec le 17, qu’avec le 43X, que je sors ponctuellement, au gré de mes envies.

Chaque sortie du subcompact s’accompagne donc d’une proportion de coups de réadaptation à la bête, plus difficile et punitive que cela n’est de reprendre un vieux compagnon que l’on connaît depuis des milliers de coups.

L’exigence posée par le subcompact en visée ouverte est inouïe. Si vous avez plus de 40 ans et que vous aimiez faire vos jeux vidéo époque 16 bits en mode hard, que la qualité de votre carton importe moins que le point d’amélioration que vous cherchiez à travailler, vous vous régalez. Sinon, vous subissez.

6. Quels subcompacts aujourd’hui ?

Je partirai du principe que le choix se porterait sur un 9 para, devenu calibre dominant sur le segment des subcompacts. Quelques modèles existent en 22lr, j’en possède un et je l’apprécie beaucoup, mais ils sont devenus anecdotiques.

L’offre armurière est donc plus étoffée que voici quelques années, et ce même sur le marché français, avec une dominance du calibre 9×19, au détriment, hélas, de l’excellent .32 ACP, relégué aux oubliettes. Je trouve cela dommage, j’aime beaucoup cette munition.

Au-delà des habituels Glock 26 et 43X, Springfield Armory (enfin, HS Product, mais chut) propose le Hellcat sous de nombreuses variantes, avec poignée longue, courte, avec compensateur ou non, optique… Moi, je trouve l’arme intéressante. Vraiment. Je vous conseille cependant de tester sa détente, qui est plutôt pataude. En soi, elle est toutefois parfaitement en accord avec la philosophie première de ce type d’arme : la défense personnelle, pour laquelle une détente à 500 g est un non-sens complet.

En mode sport, celui qui nous intéresse, il reviendra au tireur de : soit faire modifier la détente, soit la dompter.

Je n’ai pas à me plaindre de la qualité de construction du HS Product que j’utilise ponctuellement. Les Américains non plus.

On trouve cette même offre pléthorique chez Sig et ses innombrables variantes de P365, qui sont un grand succès outre-Atlantique, et que j’ai eu le plaisir de voir à l’œuvre voici un ou deux ans sur un 25 m. C’est bien construit, bien fini, bien pensé. Gare aux tarifs cependant.

L’offre est donc plutôt stimulante.

Conclusion

En résumé, le tir avec un subcompact est un choix recommandable pour qui a envie de varier les sensations, sans pour autant donner dans le calibre exotique, ou très vitaminé, et tous deux chers, voire très chers.

Il sera également valable pour qui veut s’offrir un challenge supplémentaire, lassé d’enchaîner les 10 avec son arme de sport.

C’est également un choix concevable pour l’amateur de formats inhabituels et qui a envie de se prendre un mulet pour augmenter ses quotas personnels.

Toutefois, en raison des difficultés qu’il propose, surtout dans les calibres à percussion centrale, le débutant se tiendra judicieusement éloigné du genre, surtout pour une première arme, sauf à avoir un mental d’acier, et une patience infinie.


ℹ️ À propos de cet article

Cet article reflète les opinions, analyses et retours d’expérience de son auteur. Ils lui sont propres et ne constituent pas nécessairement la position de SafeShooting.

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