FFTir : nouvelle cyberattaque confirmée, des milliers de documents dérobés
La Fédération française de tir (FFTir) vient de confirmer une nouvelle cyberattaque survenue entre le 12 et le 15 octobre 2026. Un an après une première intrusion informatique ayant entraîné la divulgation de données personnelles de nombreux licenciés, la fédération reconnaît cette fois l’extraction d’informations provenant de deux de ses services en ligne : EDEN et Cibles Couleurs.
Dans une communication adressée aux licenciés, le président de la FFTir, Hugues Senger, détaille les circonstances de cette attaque et les mesures prises pour y répondre. La fédération confirme notamment que l’attaquant a récupéré environ 64 000 photographies d’identité et près de 19 000 documents, dont des certificats médicaux.
Cette nouvelle affaire intervient alors que la FFTir avait engagé un important programme de renforcement de sa sécurité informatique après la cyberattaque d’octobre 2025. Si plusieurs mesures ont effectivement été mises en place, la fédération reconnaît que certaines protections, notamment la double authentification, n’étaient pas encore généralisées.
Une nouvelle cyberattaque confirmée entre le 12 et le 15 octobre 2026
Le 17 octobre 2026, le pirate informatique connu sous le pseudonyme ChimeraZ a revendiqué la mise en vente d’un ensemble de données attribuées à la Fédération française de tir.
Selon les premières informations publiées par les sites spécialisés FrenchBreaches et Cyberattaque.org, les fichiers représenteraient environ 40 Go et contiendraient près d’un million de lignes de données.
La communication officielle de la FFTir confirme désormais qu’une nouvelle attaque informatique a bien eu lieu entre le 12 et le 15 octobre 2026.
Selon les explications fournies par la fédération, l’attaquant a utilisé des comptes de licenciés dont il avait obtenu ou deviné les identifiants pour accéder à l’espace licencié EDEN. Il est ensuite parvenu à consulter les informations d’autres licenciés.
Parallèlement, il a interrogé massivement la fonction de vérification des licences du site Cibles Couleurs afin de récupérer des informations supplémentaires.
La FFTir précise que l’adresse utilisée par l’attaquant a été bloquée dès le 12 octobre et que son hébergeur l’a alertée le lendemain matin. La fonction concernée sur Cibles Couleurs a été fermée et corrigée le 15 octobre, tandis que les documents déposés sur EDEN ne sont plus accessibles depuis le 16 octobre.
La fédération indique que les failles exploitées ont depuis été corrigées.
Près de 600 000 personnes dans les données revendiquées
Le pirate ChimeraZ revendique un ensemble de 988 569 lignes de données concernant 586 854 personnes.
Ces chiffres, rapportés par FrenchBreaches et Cyberattaque.org, correspondent aux volumes annoncés dans les fichiers proposés à la vente. Ils ne constituent pas un décompte officiel du nombre de victimes confirmé par la FFTir.
Il convient notamment de distinguer le nombre de lignes du nombre de personnes : les 988 569 enregistrements ne correspondent pas nécessairement à autant de victimes différentes.
La fédération confirme néanmoins que des licenciés de la saison en cours et des saisons précédentes sont concernés.
Les informations récupérées varient selon les personnes. Elles peuvent comprendre :
- Le nom et le prénom ;
- Le numéro de licence ;
- Le club d’appartenance ;
- La catégorie d’âge ;
- Le grade Cibles Couleurs et sa date de validation ;
- La mention d’une pratique handisport, lorsqu’elle avait été renseignée.
La FFTir précise également que certaines fiches proposées à la vente comportent des adresses postales. Toutefois, ces informations n’étaient pas renvoyées par les deux services concernés par l’attaque. Leur origine fait actuellement l’objet d’investigations.
64 000 photographies et près de 19 000 documents récupérés
C’est l’un des aspects les plus préoccupants de cette nouvelle cyberattaque.
Dans sa communication officielle, la FFTir confirme que l’attaquant a récupéré environ 64 000 photographies d’identité et près de 19 000 documents déposés par des licenciés dans leur espace personnel.
Parmi ces documents figurent notamment des certificats médicaux.
La fédération précise que le certificat médical exigé pour l’obtention ou le renouvellement d’une licence mentionne uniquement l’aptitude à pratiquer le tir sportif.
Il n’en demeure pas moins que la récupération de photographies d’identité et de documents personnels présente des risques en matière de confidentialité et d’usurpation d’identité.
Autre précision importante : 55 licenciés ont vu leur dossier complet copié. La FFTir indique que ces personnes seront contactées individuellement.
En revanche, la fédération affirme qu’aucun mot de passe, aucune donnée bancaire et aucune information relative à la possession d’armes n’ont été compromis dans le cadre de cette attaque.
Elle rappelle notamment qu’elle ne détient pas les informations concernant les armes possédées par les licenciés.
Une première cyberattaque avait déjà touché la FFTir en octobre 2025
Cette nouvelle attaque intervient presque exactement un an après un premier incident majeur.
Entre le 18 et le 20 octobre 2025, un pirate informatique avait réussi à accéder au système ITAC, utilisé pour la gestion des licences, en exploitant le compte compromis d’un utilisateur.
Les données dérobées comprenaient notamment des informations d’identité et de contact concernant des licenciés et d’anciens licenciés.
À l’époque, la fédération avait annoncé plusieurs mesures de sécurisation, dont des audits informatiques, des corrections techniques et un renforcement des dispositifs de protection.
Une plainte avait également été déposée. En janvier 2026, un suspect avait été interpellé puis mis en examen dans le cadre de cette affaire.
Les investigations évoquées par la presse avaient fait état de données concernant environ 250 000 licenciés actifs et 750 000 anciens licenciés.
La FFTir avait alors précisé que les données médicales, bancaires et relatives à la possession d’armes n’étaient pas concernées par le périmètre identifié.
Cette fois, les circonstances sont différentes : la fédération confirme une nouvelle extraction de données depuis EDEN et Cibles Couleurs, avec notamment la récupération de documents personnels.
Une double authentification encore incomplète un an après la première attaque
Après la cyberattaque de 2025, la FFTir avait annoncé un important travail de renforcement de la sécurité de ses systèmes informatiques.
Dans sa nouvelle communication, la fédération détaille plusieurs mesures mises en œuvre : filtrage du trafic automatisé, audits de code, tests d’intrusion, renforcement des accès à ITAC et réécriture de ses applications.
Ces dispositifs ont notamment permis, selon la FFTir, de bloquer des dizaines de milliers de tentatives d’accès pendant le week-end suivant la nouvelle attaque.
Mais la fédération reconnaît également qu’une partie du travail de sécurisation restait à accomplir.
Le président Hugues Senger indique notamment :
« Les comptes utilisés par l’attaquant n’avaient pas activé la double authentification : nous devons achever son déploiement en la rendant obligatoire. »
Cette précision soulève une question légitime : pourquoi la double authentification n’était-elle toujours pas obligatoire pour tous les comptes concernés, près d’un an après la première cyberattaque ?
La généralisation de cette protection aurait pu compliquer l’utilisation de comptes compromis. Elle n’aurait toutefois pas nécessairement empêché l’ensemble de l’attaque, notamment l’exploitation de la fonction de vérification des licences de Cibles Couleurs.
La FFTir indique désormais que la double authentification sera généralisée dans les prochaines semaines.
Elle précise également qu’une nouvelle plateforme, issue d’une réécriture complète de ses applications, doit prochainement être mise en service après une phase de tests.
Une réaction engagée dès le début de l’attaque
La communication de la FFTir apporte également des précisions sur la chronologie des mesures prises.
- 12 octobre 2026 : début de l’attaque et blocage de l’adresse utilisée par l’attaquant.
- 13 octobre : alerte transmise par l’hébergeur et information de l’ANSSI.
- 15 octobre : fermeture et correction de la fonction concernée sur Cibles Couleurs ; nouvelle information de l’ANSSI.
- 16 octobre : restriction de l’accès aux documents déposés dans EDEN, information de la CNIL et dépôt de plainte.
- 17 octobre : revendication publique du pirate et mise en vente des données.
- 18 octobre : nouvelles tentatives d’intrusion signalées et fermeture du site Cibles Couleurs dans l’attente d’une vérification complète de sa sécurité.
La FFTir indique qu’une cellule de crise suit quotidiennement la situation depuis le 12 octobre et que des experts spécialisés l’accompagnent.
Ces éléments montrent que la fédération a engagé des actions pendant l’attaque, avant même sa revendication publique.
Ils n’effacent cependant pas les interrogations concernant les vulnérabilités exploitées et les protections qui restaient à déployer après l’incident de 2025.
Des conséquences potentiellement graves pour les licenciés
La divulgation de données personnelles concernant des pratiquants de tir sportif présente des risques particuliers.
Après la cyberattaque de 2025, les autorités avaient notamment évoqué des cambriolages susceptibles d’être liés à l’exploitation des données dérobées.
En avril 2026, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait indiqué que 20 à 30 cambriolages pourraient être liés à cette affaire, selon les informations rapportées par la presse.
Ces événements rappellent l’importance de la confidentialité des informations permettant d’identifier et de localiser des licenciés.
Il convient toutefois de rappeler qu’une licence de tir sportif ne signifie pas nécessairement que son titulaire possède une arme à son domicile.
La FFTir confirme par ailleurs qu’aucune information relative à la possession d’armes n’a été compromise lors de cette nouvelle attaque, ces données n’étant pas détenues par la fédération.
Les risques concernent également les tentatives d’usurpation d’identité, les escroqueries ciblées et les messages frauduleux utilisant des informations personnelles authentiques pour gagner la confiance de leurs destinataires.
Quelles précautions pour les licenciés ?
Dans sa communication, la FFTir invite les licenciés à faire preuve de vigilance face aux messages et appels inhabituels.
Plusieurs précautions peuvent être rappelées :
- Se méfier des sollicitations inattendues : un message mentionnant votre nom, votre club ou votre numéro de licence n’est pas nécessairement authentique.
- Ne jamais communiquer ses identifiants : la fédération ne demande pas de mot de passe ou de coordonnées bancaires par courriel ou téléphone.
- Éviter les liens suspects : en cas de doute, accéder directement au site officiel de la FFTir plutôt que de suivre un lien reçu dans un message.
- Modifier son mot de passe par précaution : utiliser un mot de passe unique pour chaque service et activer la double authentification lorsqu’elle est disponible.
- Rester discret sur ses équipements : éviter de publier inutilement des informations personnelles concernant sa pratique du tir sportif ou son matériel.
- Signaler les tentatives frauduleuses : consulter les recommandations de Cybermalveillance.gouv.fr et contacter les autorités compétentes si nécessaire.
La fédération rappelle également que les licenciés peuvent contacter son délégué à la protection des données à l’adresse [email protected].
Une page officielle consacrée à cette nouvelle cyberattaque est disponible sur le site de la Fédération française de tir.
Une nouvelle attaque qui soulève des questions sur la sécurité des données
La communication officielle de la FFTir permet désormais de confirmer l’existence d’une nouvelle cyberattaque en octobre 2026 et de mieux comprendre les méthodes employées par l’attaquant.
La fédération reconnaît l’extraction de milliers de photographies et de documents personnels, tout en détaillant les mesures prises pour contenir l’incident et renforcer ses systèmes.
Elle indique également que certaines protections étaient encore en cours de déploiement, notamment la double authentification, près d’un an après la première attaque.
Cette situation soulève des interrogations légitimes sur le calendrier de sécurisation des services informatiques et sur la protection des informations confiées par les licenciés.
Il serait toutefois excessif d’affirmer qu’aucune mesure n’avait été prise depuis 2025 : la fédération détaille plusieurs dispositifs déjà mis en place, dont certains ont permis de bloquer de nombreuses tentatives d’accès.
Reste une question essentielle : les nouvelles mesures annoncées permettront-elles de réduire durablement les risques et de restaurer la confiance des licenciés ?
Après deux incidents majeurs en l’espace d’un an, la sécurité des données personnelles constitue plus que jamais un enjeu important pour la Fédération française de tir et l’ensemble de ses adhérents.
Sources
- Fédération française de tir : communication officielle sur la cyberattaque d’octobre 2026.
- FrenchBreaches : nouvelle fuite de données concernant la FFTir.
- Cyberattaque.org : analyse des données revendiquées par ChimeraZ.
- FFTir : communication relative à la cyberattaque d’octobre 2025.
- Cybermalveillance.gouv.fr : informations sur la précédente violation de données.
Article mis à jour le 22 octobre 2026 à la suite de la communication officielle de la Fédération française de tir.


