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Le Glock 44, un ovni armurier calibre .22 LR

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SafeShooting donne également la parole à des tireurs, pratiquants et passionnés qui souhaitent partager leur expérience, leurs réflexions ou leur regard sur le tir sportif.

Cette rubrique accueille des contributions personnelles qui n’ont pas vocation à établir une vérité universelle, mais à proposer un retour d’expérience et à nourrir la réflexion et le débat entre tireurs.

À propos de l’auteur

Marcus est tireur sportif et diplômé en expertise balistique.
Il participe à l’encadrement de tireurs débutants et à l’animation de sa société de tir. Il écrit ponctuellement sur le tir sportif, alternant anecdotes de pas de tir, retours d’expérience et développements techniques.

Le Glock 44, un ovni armurier calibre .22 LR

Retour d’expérience après plus de 10 000 coups

Le Glock 44. Il n’est pas si simple d’écrire sur ce pistolet. Déjà, parce que tout, ou presque, semble avoir été dit et écrit dessus.

Il est sorti en 2019 aux USA, et des avaries répétées du first batch ont entraîné une défiance du public, ainsi que l’ire des influenceurs. « Pas fiable », « pas solide », « ammo picky » — exigeant dans les munitions qu’il accepte —, « des chargeurs de dix coups seulement », etc.

Cette réputation ne l’a jamais totalement quitté, quand bien même Glock a rapidement corrigé le tir, sauf pour les chargeurs. Une version OEM 15 coups est en effet apparue sur le marché voici quelques mois seulement. Soit plusieurs années après le lancement de l’arme… qui reste livrée avec deux chargeurs dix coups. Chacun se fera son idée.

Difficile d’écrire dessus ensuite, car le G44 est un Glock. Cela peut être compliqué d’écrire sur Glock, car la marque est l’une des plus clivantes sur les pas de tir français.

On aime, ou on déteste. J’ai le sentiment que le juste milieu n’existe plus, et moins encore sur le constructeur autrichien. Il se dit que les plus virulents sont les fanboys ; ma propre expérience, basée sur quelques années à échanger avec d’autres tireurs, me fera dire que les plus bruyants sont les détracteurs de la marque, qui ne ratent jamais une occasion de faire connaître leur avis sur une arme qu’ils n’auront soit jamais essayée, soit jamais maîtrisée, c’est selon.

Alors, écrire sur un Glock, l’auteur sait qu’il polarisera forcément une partie de son lectorat.

Je vais vous faire une confidence : cela m’importe peu au mieux, me fera sourire au pire.

Cela n’empêche : l’arme est là depuis plusieurs années, les retours d’expérience ont déjà eu lieu.

Il est temps qu’un retex au long cours, critique et s’asseyant sur un volume convenable de cartouches tirées avec, soit fait.

Le Glock 44 : rappel technique

Le G44 est un pistolet de type striker, de calibre .22 LR, à carcasse en polymère,
culasse hybride châssis acier et corps en polymère lui aussi.

La mécanique est similaire aux autres modèles de la marque, avec une particularité supplémentaire : c’est un blowback, et non pas une culasse calée avec court recul du canon :
le retard d’ouverture repose exclusivement sur la masse de la glissière, et la force du ressort récupérateur, au regard de la faible puissance de la munition.

Le canon du G44 ne reculera donc pas, ne basculera pas, il restera droit.

Voilà pour sa particularité technique qui le distingue de ses grands-frères.

La structure du G44, essentiellement en polymère, induit une très faible masse :
421 grammes à la pesée, chargeur non garni compris. C’est léger, très léger.

Le G44 reprend le format du G19, du moins, quasiment : la culasse du modèle 44 est légèrement plus fine que celle du 19 : 24,6 mm contre 25,3 mm.

La masse diffère également, en raison de l’emploi massif de polymère pour la culasse, qui ne pèse ici que 132 g.

Qui dit G44, dit G19, dit donc format compact, et poignée plus courte que les modèles 17, ou 34, ou 45, etc. Nous nous attarderons sur ce point ultérieurement, car il aura son importance dans l’évaluation de l’ergonomie, et ouvre des horizons sur ce qu’aurait pu ou dû être le G44…

Nous noterons aussi la hausse réglable, elle aussi en polymère, réglable en site et dérivation, avec un micro-tournevis plat absolument impraticable et ridiculement égarable sur n’importe quelle tablette de pas de tir.

Mais l’intention est là, et l’existence de cette hausse réglable mérite d’être soulignée, à l’heure où la concurrence semble penser que le tir en visée ouverte ne se pratique plus, et donc, emploie des éléments fixes à titre de figurants, entre l’emplacement pour une optique…

S’il y a bien un calibre qui est susceptible d’offrir de très importantes variations dans les groupements et leur localisation selon la munition employée, c’est bien le .22 LR.

L’immense variété de marques, types de projectiles, chargements, surfaces, revêtements, est la garantie qu’un modèle déterminé de cartouche ne tapera pas strictement dans la même zone de votre C50 qu’une autre marque.

Plus amusant encore : le .22 LR étant un calibre plutôt sélectif, ce qui fonctionne dans votre G44 ne fonctionnera pas nécessairement de la même manière et avec la même efficacité dans le G44 du copain de pas de tir.

À chaque canon, sa ou ses munitions qui lui réussissent le plus, et là, il n’y a pas de règle précise.

Les conseils de forums s’en trouvent donc faussés, même dispensés de bonne foi. Et ceci vaut pour toutes les armes de calibre .22 LR !

Une hausse fixe vous assignera donc à la corvée de trouver vous-même la munition qui tapera correctement selon vos organes de visée, qui fera cycler convenablement votre arme, qui sera relativement régulière et qui n’entraînera pas d’incidents de tir réguliers.

Bon courage pour trouver le bon couple avec une hausse fixe, sauf à être un adepte des contrevisées, qui sont à proscrire.

Le G44, lui, ne propose pas d’emplacement pour un point rouge, contrairement à bon nombre de ses concurrents qui ont commercialisé un modèle 2020 et après, et qui s’inscrit dans un genre similaire : le plinker/loisir .22 LR.

La firme a donc choisi la hausse réglable. Cela semble logique et censé, mais le bon sens n’a pas toujours été au rendez-vous dans l’industrie armurière.

Cela ayant été évoqué, abordons brièvement le pourquoi du G44.

La raison d’être du G44

Le modèle 44 n’a pas été développé que parce qu’il n’y avait pas encore de modèle officiel
.22 LR dans le lineup de la firme ; il a été développé parce qu’il fallait un .22 LR qui reprenne au plus près les dimensions du G19, car le G19 est le Glock le plus apprécié des consommateurs américains, qu’ils portent fréquemment, et il fallait leur proposer un outil d’entraînement à moindre coût de revient.

Car oui, le prix des munitions s’envole, et pas qu’en France.

Contrairement aux légendes et fantasmes qui circulent sur le marché des armes à feu nord-américain, tout n’y est pas quasiment gratuit, et les prix des munitions peuvent ponctuellement y devenir délirants, tout particulièrement lors des épisodes de ruptures de stock.

C’est un peu moins cher en temps normal — mais pas dans des proportions gigantesques du type simple au double.

Mais il suffit d’une catastrophe naturelle ou d’une pandémie, et les prix explosent :
jusque $50 la boîte de 9×19 pendant le Covid, jusque près de $40 la boîte de .22 LR, dans les endroits les plus chers.

Toujours tentés ?

Le G44 a donc répondu à une demande, celle de l’arme d’entraînement, mais aussi d’initiation des kids et des rookies, moins chère à fabriquer, moins chère à utiliser, mais qui reprendrait le format du modèle Glock préféré des Américains.

Dans cette perspective de l’outil d’entraînement à la défense, et au port, nous comprenons mieux le choix du format G19, qui est stratégiquement évident.

Mais ce qui vaut aux USA ne vaut pas en France.

Le G44 dans la perspective sportive

Sur notre territoire, le G44 suit strictement le même régime administratif que ses grands-frères de plus gros calibres, c’est une arme B1°, dont l’acquisition et la détention seront permises si une autorisation est accordée dans un cadre de pratique sportive.

Une évaluation sous cet éclairage sportif amène à quelques réflexions sur ce que le 44 ne sera pas :
une arme de pure précision :

  • Au regard de son format, le G44 n’est pas un pistolet typé compétition : il a un canon non fixe de 4 pouces, non lourd ;
  • Il n’a pas de poignée anatomique, ni même sportive ;
  • Il est trop léger pour gommer les bougés ;
  • Sa ligne de mire est plutôt courte, et ses organes de visée ne sont pas les plus lisibles pour une visée fine ;
  • Sa détente est typique Glock, donc entre 2,3 et 2,5 kg en sortie de boîte : longue, spongy, qui ne facilitera pas le tireur, surtout en tir à bras franc.

Son achat ne saurait donc être fait sous un prisme compétition, sauf à se bercer d’illusions.

Cela signifie-t-il que ce G44 ne trouve pas une place légitime sur les pas de tir français ?

Même en 2026, et même avec la concurrence, et sachant ce pour quoi il n’est pas fait, le G44 dispose de quelques atouts.

Ce que le G44 n’est intrinsèquement pas

Il n’est pas un pistolet de compétition officielle : je crois que nous en conviendrons tous.
Les codes techniques et visuels du Pardini SP sont loin.

Le G44 n’est pas davantage d’autres choses encore :

  • Le G44 n’est pas une arme dont la conception et la fabrication ont été déléguées à une entreprise tierce, comme l’est par exemple Umarex dans la construction de certains modèles, pour certaines marques : le 44 a été conçu et est fabriqué in-house, selon les standards Glock ;
  • Le G44 ne mime pas un grand-frère : il en reprend les codes mécaniques, système blowback mis à part — seuls quelques modèles Glock utilisent ce système, je pense aux modèles déclinés en .380 Auto. C’est un vrai striker, qui utilise des pièces communes, d’ailleurs.
    Nous ne pouvons en dire autant de certains modèles qui miment une arme de gros calibre type striker, et qui révèlent un marteau interne soigneusement camouflé par la culasse en alu (ou en alliage…), un peu à la façon de certaines armes d’alarme.
    Sur ce point, donc, chacun se détermine ;
  • Le G44 n’est pas incapable face à une C50 à 25 m, en gardant en tête qu’il évolue dans la catégorie des armes orientées plinking et loisir, comme j’ai pu le constater après plus de dix mille coups tirés avec lui, essentiellement en mode précision à 25 m, mais aussi sur ciblerie métallique, en travail de transitions.
  • Le G44 n’est pas l’arme capricieuse sur les munitions, ni une collectionneuse d’incidents, ni l’arme fragile qui aura été décrite sans nuance — objectivité ? — par des influenceurs.

Mon exemplaire a rarement été à l’origine d’incidents de tir, durant sa vie de compagnon des pas de tir.

À la louche, je dirais, allez : une quarantaine d’incidents, voire une cinquantaine en étant large, sur plus de 10 000 coups, et qui se résument essentiellement à des défauts d’éjection.

Pourquoi ?

La faute à une puissance trop modérée de la cartouche. Parfois, un étui très sale — résidus noirs collants, cela se note parfois sur les marques cheap —, ou des températures très basses — de -5 °C à +5 °C, je dirais — et qui ne font pas bon ménage avec des cartouches de puissance faible à moyenne — épaississement des lubrifiants dans l’arme et sur la cartouche —, et…. un ressort récupérateur qui, comme toute pièce d’usure, finit par montrer des signes de fatigue.

Le mien a été changé récemment.

Pourquoi se priver ?

Glock distribue ses pièces à des prix qui ne confinent pas à l’escroquerie, pour une qualité constante.
Je reconnais volontiers à la firme cette qualité-là, entre autres ; les pièces Glock ne constituent pas une rareté que vous passerez des mois à attendre fébrilement avec le coup de téléphone de votre armurier tout heureux de vous annoncer que ça y est, « l’importateur a réussi à en avoir une, mais votre banquier a-t-il accordé le prêt, cher monsieur ?… ».

Je ne nie cependant pas les rapports d’incidents qui existent ici et là : je dis simplement que mon exemplaire, et celui de la mère de mes enfants, n’ont opposé aucune difficulté mécanique, et que les exemplaires de mes pairs de pas de tir n’ont pas davantage été source de crispations.

Je veux bien que des vidéos soient diffusées, avec tel personnage qui indiquera que l’arme est mauvaise, car elle cyclerait mal, tout en collant ses pouces sur le côté gauche de la culasse durant la phase de tir.

AUCUN pistolet .22 LR ne peut cycler normalement ou de manière fiable à 100 % si on applique une force< certaine sur l’élément mobile qui assure l’extraction de l’étui, puis l’envoie frapper l’éjecteur dans ce calibre, et renvoie une cartouche en chambre, et là où cette même force n’entravera pas une arme de plus gros calibre.

Avec un pistolet semi-automatique .22 LR, le tireur doit s’assurer que sa préhension n’entrave pas la glissière.

Avec les armes à glissière partielle — Ruger Mk4, Browning Buckmark, etc. —, la difficulté est contournée :
la glissière est plus petite, donc plus légère, et positionnée à l’arrière de l’arme.

Sur une glissière complète comme la propose le G44, c’est au tireur de veiller à ne pas freiner la course de la culasse, la faute aux faibles pressions qu’engendre la cartouche.

Les principaux défauts que j’attribue au G44

Ils sont de plusieurs ordres :

  • Les chargeurs limités à 10 coups, alors que la version 15 coups OEM est sortie.
    Personnellement, la capacité du chargeur m’importe au final assez peu, mais je concevrai que l’amateur de fun shoot déplore devoir repasser en caisse pour acquérir un nouveau chargeur.
  • La masse, très légère, qui ne gommera aucun bougé ;
  • L’aspect de la culasse, qui alterne polymère et acier : c’est un ovni, les pistolets semi-automatiques avec culasse polymère ne courent pas les rues.
  • L’absence de montage point rouge : je ne le déplore personnellement pas, mais cela peut dissuader le tireur qui ne jure que par les optiques ;
  • La poignée, un peu courte pour mes mains, de taille moyenne. C’est à la fois un regret et une espérance aussi chez moi. En effet, je pense que le G44 aurait été presque parfait s’il avait adopté le format 19X/45, avec la poignée full size, donc.
  • La ligne de mire, plutôt courte, la faute au choix d’un format G19.
    Cela ne signifie pas que la visée est impraticable, mais celle du 17, ou du 34, est plus adaptée pour une visée affinée.
  • L’ergonomie Glock jusque la Gen5 incluse, donc des flancs de poignée plats, et un grip qui peut être jugé insuffisant par certains : c’est donc selon le tireur.

Les qualités du G44

Le G44 dispose de solides arguments, encore en 2026.

À commencer par sa qualité de construction : c’est un Glock.

Ce n’est pas clinquant, ni tape-à-l’œil, ni rock solid — c’est-à-dire absence totale de jeu, dans le langage US —, ni premium dans les finitions.

Mais c’est proprement construit.

En outre, le modèle est assez tolérant avec les munitions : je passe sans aucune difficulté de la CCI Standard, à l’Aguila Standard, en passant par de la Geco Semi-Auto, de la CCI Mini-Mag, jusqu’à l’Aguila Interceptor, passablement chaude, sans aucun souci rencontré.

Le pistolet ne cycle toutefois pas les munitions typées match haut de gamme et destinées aux carabines, comme certaines RWS, ou de la Geco Rifle plus modestement : en somme, le G44 passe des vélocités standard aux vélocités supersoniques, et même les hypervélocités.

Mais le gap entre vélocité standard chez X, ou vélocité standard chez Y, est réel.

C’est à l’acquéreur de trouver sa perle, donc.

Au regard du prix des cartouches les plus vitaminées, j’en ai tiré un nombre assez limité, de l’ordre de la centaine, sans aucune casse à déplorer.

La fiabilité

Le G44 est fiable.

Je n’ai déploré aucune casse, et ce même lors de phases à haute intensité, avec des munitions haute vélocité en mode dynamique, et par forte chaleur.

Il convient dans ce cas de veiller à ne pas toucher le canon : sa finesse le rend prompt à la chauffe, voire à la surchauffe lors des rythmes importants.

La précision

Elle est plus qu’acceptable, au regard de la catégorie de l’arme.

En configuration usine, donc avec une détente forcément très Glocky, un tireur moyen et appliqué pourra prétendre tenir le visuel de sa C50, à 25 m, avec une munition lambda, plutôt low-cost.

C’est en tout cas ce que permet mon exemplaire, sur 100 coups d’Aguila SuperExtra — une munition peu chère, assez punchy, pas d’une grande régularité — à 25 m, dont près de 20 % dans le 10, mais en tir deux mains, avec une détente à environ 2,3 kg.

Mon exemplaire n’a subi aucune modification technique, ni esthétique, du reste.

De la Mini-Mag permet de resserrer un peu le nuage, mais gare : c’est le double en prix de la munition précitée, et cela ne vaut que pour mon exemplaire comme je l’indiquais en début d’article.

J’ai été surpris de lire, il y quelques temps déjà, plusieurs propriétaires se plaindre de ne jamais parvenir à des résultats en cible avec ce pistolet, voire même à pouvoir la toucher, alors qu’ils m’assuraient savoir trouver le bon couple arme-munition, et savoir tirer à l’arme de poing.

Je leur proposais donc un éventuel déplacement, en fonction de leur localisation, pour tester leur arme et me prononcer sur une éventuelle faute de l’arme.

Inutile de dire que jamais suite ne fut donnée.

Et pour cause : le problème vient rarement des armes….

Résultat : « Je vais vendre. ». Un classique, hélas.

Il y a plus d’un an, Glock sortait d’ailleurs sa détente Performance attitrée au 44.

Si je ne l’apprécie pas outre mesure sur mon 17, la faute au flou et à la perte d’une partie du mur, force est de reconnaître que sa greffe peut faciliter l’apprentissage, mais aussi resserrer les groupements.

J’ai fait le choix de rester stock : mon ego s’en remettra, et mes résultats, toujours très perfectibles, devront, peut-être, leur embellissement à mon travail.

Je noterai également la détente de l’arme comme qualité.

Non pas parce qu’elle est typée match — c’est Glock, soyons sérieux —, mais parce qu’elle a le mérite de faire travailler les lâchers typés Glock de la même manière que le font les modèles à percussion centrale.

Pour qui apprécie l’ergonomie et l’architecture particulière de Glock, c’est une aubaine de pouvoir sortir du drill à sec, sans pour autant se ruiner, ou mettre à mal le quota de munitions.

Je mentionnerai le choix, judicieux, du recours au polymère pour la culasse.

Glock a opté pour une solution à la fois audacieuse et viable, qui permet de conserver une glissière pleine, comme le 19, tout en l’allégeant considérablement.

Mieux que ça, la firme a évité l’emploi des alliages d’aluminium, dont les qualités sont variables.

Nous avons au final une arme dont les solutions techniques, pragmatiques, priment sur les ressentis visuels et tactiles, l’acier et les métaux en général étant plus valorisants que les polymères.

La gueule ne fait pas tout, loin s’en faut.

Également, mentionnons l’architecture Glock, qui signifie donc nombre de pièces réduit, démontage et nettoyage aisés.

C’est un des points forts de la marque.

Procéder au même degré de nettoyage avec un DA/SA ne vous demandera pas le même temps, ni nécessairement le même niveau technique.

Enfin, je mentionnerai le prix : Glock propose son modèle de base, sans canon fileté, sous la barre des 600 € — il a pris quelques dizaines d’euros assez récemment, et selon les armureries —, ce qui en fait un pistolet dans la tranche basse des tarifs en état neuf.

Les alternatives au G44

Le tireur allergique à la marque ou très sensible aux ressentis tactiles et visuels a évidemment d’autres options, plus ou moins valables selon moi.

Je n’évoquerai que les armes auxquelles je me suis confronté à un moment ou à un autre, et qui gravitent dans un même ordre de prix.

Le FN 502

Le modèle est assez populaire sur les pas de tir, et propose des caractéristiques qui plaisent au public : culasse en métal, filetage pour modérateur de son, embase pour optique, chargeur haute capacité.

Sauf que voilà, je donne un avis personnel : c’est du Umarex, donc, une arme dont la conception et la fabrication ont été déléguées par la maison-mère.

Le filetage : la plupart des tireurs n’en profitent pas, puisqu’ils tirent rarement seuls, et que quand bien même, le tir de munitions supersoniques ne les dispense pas du port de protections auditives.

Et le tir avec une arme de catégorie B est strictement interdit en dehors d’une structure FFTir, ça va mieux en le disant.

Une architecture avec canon fixe et marteau externe, alors que le 509 est un striker : c’est un no-go me concernant.

Quand on veut mimer le grand-frère, on fait comme le grand-frère, pas comme sa sœur.

Une hausse fixe : je passe mon tour, puisque pour un tir affiné, il faut donc acheter en plus une optique, et qu’une optique à peu près valable vous coûtera la moitié du prix de l’arme.

Sans parler du fait que cela n’apprendra pas au débutant à exploiter une visée ouverte.

Entendons-nous bien : je ne dis pas que l’arme est mauvaise.

Je dis que je n’aime pas son architecture, ni sa philosophie tacticool, voilà tout.

Le Taurus TX 22

Le Gen 2 a une détente bonne et efficiente, bien plus nette que le G44, mais est-ce surprenant ?

Les sensations en tir sont bonnes, l’arme est ici aussi conçue autour de son embase pour optique ici aussi — la fabrique à fainéants, diraient certains, mais également une bénédiction pour le tireur qui a des problèmes de vue cependant.

Reste à savoir si l’acheteur est prêt à accepter le contrôle-qualité Taurus, qui n’a pas toujours été au sommet.

J’en sais quelque chose.

Le Tanfoglio Force 22

Canon lourd, détente excellente, style racegun, et une finition de culasse qui vaut ce qu’elle vaut, entre peinture époxy et cerakote foireux.

Ce furent mes pensées quand je le vis pour la première fois.

Et vous savez quoi ? On s’en tape.

Arrêtez d’acheter une arme parce qu’elle vous donne l’air de ceci, ou cela, ou que le truc anodisé, ça fait cool, et que les plaquettes elles sont trop stylées.

Privilégiez ce qui VOUS convient, en ergonomie, et selon vos standards techniques, et selon votre pratique du tir sportif.

Brillez pour ce que vous faites, pas pour ce que vous sortez de la housse et dont tout le monde se contrefichera.

Le Browning Buckmark

Un excellent pistolet orienté sport, éprouvé, intrinsèquement précis, look assez vintage, détente performante.

Il n’a pas une allure de pistolet de combat, et puis ?

Gare toutefois, le chargeur contient 10 cartouches, un seul est livré avec l’arme, un second vous en coûtera entre 70 et 90 €.

Et puis d’ailleurs, pourquoi l’envisager, puisque vous râliez contre le chargeur 10 coups du G44 ?

Le Smith & Wesson Victory

Le pendant au Buckmark.

Caractéristiques et architecture similaires.

Look pistoflingue, mais efficace et éprouvé.

Arrêtez avec le look : son style est inhabituel, oui.

Mais à niveaux équivalents de tireurs, celui au Victory mettra en orbite la cible de son adversaire équipé d’une 502.

En conclusion

Le Glock 44 est une arme qui n’est pas dénuée de sens, même à l’heure des points rouges et de l’acharnement des constructeurs à concevoir et construire des pistolets plus valorisants visuellement, mais dont les solutions techniques choisies comportent elles aussi leur lot de compromis divers — matériaux, accessoires…

La balle est donc dans le camp de la firme Glock, avec l’arrivée de la Gen6.
Un G44 Gen6, donc avec l’ergonomie de cette génération, et un format G45, voire G17 pour une ligne de mire plus apte à la précision, pourquoi pas ?!

En attendant, le 44 actuel est là, et il ne coûte rien d’essayer une arme qu’un voisin de tablette aurait la gentillesse de vous prêter.

Rien ne vaut se faire un avis par soi-même.

À propos de cette contribution

 

Cet article est une contribution publiée dans le cadre de la rubrique « Vous avez la parole » de SafeShooting.

Les opinions, analyses et retours d’expérience présentés dans cet article appartiennent à son auteur et ne constituent pas nécessairement la position de SafeShooting.

2 thoughts on “Le Glock 44, un ovni armurier calibre .22 LR

  1. Pour avoir possédé un G17 durant plusieurs années et un G44 récemment en prêt dans mon club, je rejoins les commentaires argumentés de cet article.
    Un Glock c’est avant tout un pétard de combat, pas un DES69, une fois ceci acquis la prise en main est naturelle, le poids vraiment agréable.
    En revanche, j’ai détesté la détente d’origine du G44, spongieuse à souhait, et expérimenté trop souvent des incidents lors de l’éjection, ce qui gâche le goût de mon plaisir lors de tirs rapides.
    Du coup, je suis en réflexion pour un striker en 22lr et mon choix va pour le moment vers le Taurus TX22 TORO.
    Merci pour cet article exhaustif qui est le reflet d’un tireur sur le terrain.

    1. Bonjour Marc.
      Merci pour votre commentaire et votre éclairage personnel.
      Sur les soucis d’éjection, les incidents se multiplient notamment quand le ressort récupérateur commence à fatiguer. Ça peut être aussi la munition: tout dépend du kilométrage du 44 de votre stand.
      En général, on admet que le ressort récupérateur a une durée de vie comprise entre 5000, et 10000 coups. On peut les emmener plus loin, selon les fréquences de tir, les cadences, et les munitions employées, mais aussi les conditions de remisage des armes. Votre stand aura donc peut-être intérêt à acheter un ressort neuf, comptez environ 30€, c’est peu, et c’est non classé, du reste….
      Pour ce qui est du TX 22, c’est un des rares Taurus que j’apprécie,sa détente est très exploitable, et les quelques fois à l’occasion desquelles j’ai utilisé ce pistolet, je n’ai déploré aucun incident.
      Mettez toutefois en balance avec le dernier Smith, le 22X,dont les premiers retours semblent intéressants.
      😀

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